 |  | Pour sa 1ère apparition à Monza, Charles Pic s'est propulsé à la vitesse grand V sur le podium du championnat World Series by Renault
Passer de la Formule Renault 2.0 litres à la World Series by Renault 3.5 litres développant effet de sol et 500cv - la '3 point 5' dans le jargon des pilotes - sur un circuit que l'on ne connaît pas et qui, par le poids de son histoire et la nature de son tracé, ne manque pas d'hypnotiser, n'est pas une sinécure. Les premiers pas de Charles Pic en World Series by Renault ont été timides, mais le membre de l'Equipe de France FFSA Circuit a continuellement progressé pour finalement conquérir de haute lutte un premier podium. «J'ai trouvé que Monza n'était pas un circuit facile à apprendre, notamment les deux premières chicanes où j'ai galéré pour trouver le bon rythme. Je n'étais pas à l'aise au début du week-end» reconnaît Charles, 9è des essais libres avec son écurie Tech 1 Racing.
Le plateau de la World Series by Renault étant copieux (28 pilotes inscrits), il se scinde en deux séries de 14 monoplaces pour les qualifications, afin d'éviter les problèmes inhérents au trafic. Quatrième de sa série, Charles était propulsé sur la première ligne de la grille de départ... «J'ai profité de la nouvelle règle des qualifications pour me retrouver sur la première ligne. Je ne suis pas certain que c'était une bonne chose ! J'avais une pression certaine du fait de me retrouver en première ligne pour mon premier départ avec la 3.5 ; je n'avais jamais pris de départ avec l'embrayage à la main et le comportement de ma voiture avec le plein d'essence était incertain car nous n'avions pas réellement testé cette configuration en essais libres. Sans appui comme à Monza, avec beaucoup d'essence à bord le comportement de l'auto peut être très surprenant.»
Tous les ingrédients étaient réunis pour que Charles apprenne sa première leçon de l'une des séries qui se pose depuis sa création comme l'antichambre de la F1... «Ça attaque partout et dans tous les sens. On se retrouve aspiré dans cette dynamique. Bonanomi m'a touché dans le premier tour et je suis tombé à la 5è place. Mon aileron avant et le triangle de la suspension étaient endommagés. Puis je fais deux erreurs et je chute 11è. Je m'en veux car avec le recul j'ai compris que la 3.5 était le contraire de la Formule Renault, mais c'est le métier qui rentre. En Formule Renault tout se gagne dans les trois premiers tours alors qu'en World Series il faut être patient au début et savoir profiter des espaces qui se créent par la suite. C'était d'autant plus décevant dans mon cas car je partais de la première ligne.»
La nuit portant conseil, Charles s'est présenté sur la grille de départ de la course dominicale en ayant intégré les leçons de la première course et en ayant expurgé la pression du premier rendez-vous. «Je me sentais bien plus libéré, moins stressé, et j'ai d'ailleurs pris un bon départ. Je me suis installé dans un bon rythme dans les deux premiers tours, sans tenter le diable comme la veille ! Puis j'ai commencé à attaquer et les choses étaient bien plus naturelles que la veille. J'étais plus rapide que les concurrents qui me précédaient et je les dépassais sans précipitation.»
Pasquale Di Sabatino a posé à Charles la seule difficulté de la journée. Le régional de l'étape, galvanisé par un podium dans la première course, défendait sa position bec et ongles. En fin de parcours, Charles ne possédait plus que deux secondes de push to pass et devait les utiliser à bon escient. Le pilote de Montélimar a porté son attaque à la première chicane, comme pour mieux lui démontrer qu'il la maîtrisait totalement désormais. «C'était très chaud ! J'ai hésité deux fois à tenter une manoeuvre. Je n'avais pas le droit à l'erreur et j'avais le podium pour perspective. Je pense que c'était comme on dit un dépassement d'école. Ce podium et la construction de ma course ont chassé les doutes de la première course et m'ont permis de me sentir en confiance.»
La confiance sera le maître mot le week-end prochain, où le meilleur néophyte du championnat (6è avec 10 points) découvrira un deuxième circuit mythique, Spa-Francorchamps. «Je ne connais pas non plus Spa-Francorchamps. C'est assurément un grand Monsieur et mon objectif sera de l'apprendre plus vite que Monza pour être bien calé en qualifications et viser une place dans les quatre premiers.» |
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