Essai Mercedes SL 500
04/04/12 Après le renouveau du SLK dénommé «
baby SLS» en raison d'un intérieur qui n'est pas sans rappeler le fleuron des roadsters chez Mercedes, on attendait le nouveau SL avec impatience après le restylage de 2008. C'est chose faite avec de très importantes modifications aux niveaux d'une ligne nettement modernisée, d'un intérieur toujours plus élégant et richement doté, mais aussi et surtout d'une dynamique de conduite revue en profondeur pour augmenter le plaisir au volant de ce roadster au capot tout aussi interminable que sa renommée. Sous ce capot justement, on retrouve les derniers 6 cylindres pour le SL 350 et 8 cylindres pour le SL 500, qu'on connait notamment sur les Classe S et CL. Nous avons pris la route à bord du Mercedes SL 500 Edition 1, cette série limitée spécialement produite pour le lancement de chaque modèle qui se distingue par un coloris mat et un équipement pléthorique, une véritable vitrine en action. Toutefois, les accessoires sont tous proposés au catalogue d'options et le V8 est rigoureusement identique aux modèles de la gamme. Pour proposer un comportement routier totalement différent de la précédente génération, Mercedes est techniquement reparti d'une page blanche. Pour la première fois sur une production de la firme à l'étoile, le châssis est intégralement en aluminium pour un gain de poids de 125 kg face à l'ancien SL 500 (140 kg pour le SL 350). Le nouveau V8 de 4,6 litres développe dorénavant 435 chevaux et un couple de 700 Nm pour un zéro à 100 km/h en 4,6 secondes, des valeurs plus élevées que l'ancien SL 63 AMG !
La ligne du nouveau SL est revisitée pour lui apporter un dynamisme et un style proche des modèles de la gamme actuelle tout en conservant les bases de ce célèbre modèle que sont une conduite basse, un long capot et un espace à bord important pour un roadster.
A l'avant la calandre est plus verticale comme sur le
SLK. Les feux diurnes font leur apparition et le binôme feux de positions / clignotants s'inspirent d'une torche avec une forme évasée vers le haut. Les prises d'air sur le capot et sur les flans sont redessinées pour accompagner le comportement plus sportif annoncé. A l'arrière, feu de recul et antibrouillard sont intégrés en bas du bouclier pour alléger le dessin des feux, alors que l'antenne disparaît. Le toit de ce roadster s'escamote en 20 secondes depuis une commande juste derrière le sélecteur. Deux autres boutons permettent de baisser les 4 vitres d'un coup (il y a 2 custodes) et de manoeuvrer le pare-vent. Vitres et pare-vent relevés, l'habitacle est parfaitement isolé et devrait autoriser de rouler avec le toit ouvert lors d'une soirée fraiche et étoilée, ou les jours où il fait un peu moins chaud ... Comme sur le SLK, avec les sièges chauffants et le chauffage de nuque, profiter de son cabriolet même avec 10°C est tout à fait agréable. Toit fermé, le confort est comparable à celui d'un coupé raffiné. L'option Magic Sky (2200€) permet de changer l'opacité du toit d'une simple pression sur un bouton pour se protéger du soleil ou parfaitement voir les étoiles, tout en profitant de la climatisation. L'accueil des passagers est d'un haut niveau et conviendra parfaitement aux grands gabarits qui se trouvent un peu à l'étroit dans le SLK. Pilote et passager sont confortablement installés dans une sellerie cuir avec surpiqûre et passe-poil contrasté, au compromis parfait entre sport et confort. Les sièges actifs (2000€ avec fonction massage) qui compensent la force centrifuge en courbe en gonflant les joues des sièges selon la vitesse et l'angle de braquage, c'est particulièrement efficace pour le passager qui ne subit plus la route même en conduite sportive. Pour le style, on a maintenant des guides de ceintures recouverts de cuir, un nouveau volant avec un méplat sur la partie inférieure pour faciliter l'accueil des grandes jambes et bien entendu, les buses d'aération identiques à celles de la SLS et reprises depuis sur le SLK.
Si la statique est remarquable, la dynamique n'est pas en reste et certainement la plus intéressante pour l'amateur de conduite. Le nouveau châssis en aluminium et le nouveau bloc V8 permettent un allègement de 125 kg pour ce SL 500 et la rigidité de torsion est augmentée de 20%. Le nouveau moteur de 4,6 litres consomme 22% de moins pour 700 Nm de couple et une puissance portée à 435 chevaux. Il est associé à une fonction de Start/Stop discrète en ville et la nouvelle boîte automatique à double embrayage 7G-Tronic Plus. Ses passages de rapports sont plus rapides que sur l'ancienne génération et surtout bien moins perceptibles. Le V8 se montre discret en ville et sur les grands axes, il faut changer d'horizon et enclencher le mode «
S» (Sport) ou «
M» (Manuel) pour en tirer toute la quintessence. On profite et abuse de la santé remarquable du V8, de sa sonorité envoutante dans les paysages montagneux , des légers borborygmes lorsqu'on descend un rapport pour s'extraire d'un virage serré avec vigueur. La réponse aux palettes au volant est instantanée à la condition de choisir le mode manuel plus réactif. C'est dans ces moments là qu'on apprécie l'allègement du châssis et le guidage de ce nouveau SL. La direction est précise, le train avant est bien plus facile et communicatif que sur l'ancien plus pataud dans les enchaînements et l'important couple du moteur pousse sans faillir tant que la charge est maintenue. Lorsqu'on soulage l'accélérateur en courbe, la voiture accentue légèrement son survirage qu'on peut idéalement doser en jouant simplement avec l'accélérateur. En conduite sportive, seul le freinage mériterait un mordant plus franc sur l'attaque, mais la puissance est là. Quel que soit le rythme, qui peut être réellement élevé, le SL reste toujours confortable même pour le passager qui profite lui aussi d'une conduite sportive plutôt que de la subir, parfaitement calé dans les sièges qui compensent dynamiquement la force centrifuge. A l'inverse d'un SLK qui peut se montrer sec surtout avec le pack AMG, le SL conserve un bon compromis entre le confort et la précision des suspensions. Bien entendu, on trouvera sans doute des roadsters plus sportifs et d'autres plus confortables, mais ce 500 propose une alchimie réussie pour celui qui aime conduire sans pour autant sacrifier le confort.
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Mercedes Benz− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.