Essai Opel Insignia 2.0 CDTI 185 biturbo
28/03/12 En équipant son Insignia d'un moteur de presque 200 chevaux, la marque allemande va par exemple pouvoir aller taquiner la Peugeot 508 GT avec son moteur HDi de 204 chevaux. Cette Opel Insignia est un succès commercial depuis son lancement en 2008 pour la berline et 2009 pour le break SW, mais il lui manquait une motorisation puissante en diesel. C'est chose faite avec le lancement de cette Insignia 2.0 CDTi 195 biturbo. Ce bloc 4 cylindres vient compléter la gamme qui s'arrêtait en diesel à 160 chevaux qui représente tout de même 60% des ventes. On trouve le moteur de 195 chevaux couplé à une transmission 2 ou 4 roues motrices. La transmission intégrale profite d'un train avant à pivot découplé, c'est-à-dire que le guidage et l'amortissement sont mécaniquement séparés pour une efficacité maximale en conduite un peu sportive dans les passages sinueux. Cette technologie dénommée Hiperstrut chez Opel se compare sur le papier à ce que Peugeot propose sur sa
508 GT. Bien entendu, avec ses 4 roues motrices le surpoids est conséquent, que ce soit en break ou en berline, mais le nouveau bloc est censé gommer tout ça pour faire place au Grand Tourisme, en route !
Techniquement, l'Insignia ainsi motorisée peut être équipée en option d'un châssis Sport comme découvert lors de cette essai sur le 4x4 avec le différentiel adaptatif et à glissement limité pour l'arrière, le train avant HiPerStrut pour séparer la suspension de la direction, le freinage Brembo et des jantes conséquentes de 19 ou 20 pouces ! Côté moteur, contrairement au bloc de 160 chevaux avec un seul échangeur, notre moteur CDTi biturbo de 195 chevaux est équipé de 2 échangeurs, un pour le petit turbo, un autre pour le gros.
L'ensemble fonctionne en trois phases comme ceci : jusqu'à 1500 tr/min seul le petit turbo est en action pour favoriser les prises d'élan, puis jusqu'à 3000 tr/min les deux travaillent conjointement. Enfin au-delà des 3000 tr/min, seul le gros turbo fonctionne pour notamment assurer de franches reprises sur les voies rapides. Pour afficher un niveau de CO2 à seulement 129g/km, Opel a greffé à ce bloc un système Start&Stop d'arrêt et redémarrage aux feux par exemple.
Dans la logique généralisée d'un downsizing, Opel vise l'agrément d'un 6 cylindres avec ce 4 cylindres biturbo. Si la conduite est agréable et même facilement dynamique avec une belle souplesse à bas régimes et des reprises convaincantes dès 1000 tr/min, dans l'idéal 1500 pour l'agrément, on n'a bien entendu ni le lissage des courbes ni ma musicalité d'un 6 cylindres. On retrouve notamment une sonorité assez présente lorsque les régimes augmentent qu'on n'entendrait certainement pas sur un 6 cylindres. Mais côté agrément, c'est parfait avec de bonnes reprises de 80 à 120 km/h, une agréable sélection ferme et précise, ainsi qu'un convaincant train avant de la version 4x4 qui donne une belle dynamique pour sortir des virages au mieux et maintenir un bon rythme. En 2 roues motrices, la voiture est donc bien plus légère et le train avant à pivot découplé laisse la place à un train avant classique. L'un dans l'autre, la conduite est toutefois comparable dans le ressenti de la direction et dans les réactions de la voiture, peut-être qu'elle aurait été très différente sans ce fameux train avant. On parle ici du guidage sur un réseau secondaire tortueux, parce que sur les voies rapides notre Opel Insignia se tient très correctement avec l'agrément d'un moteur qui sait se faire discret aux vitesses légales quelle que soit la transmission retenue, un critère qui devrait ravir les gros rouleurs.
En dehors de sa motorisation, l'Insignia profite de cette nouveauté pour proposer dans ses équipements de nouvelles aides à la conduite et une nouvelle caméra Open Eye plus compacte et plus puissante. Elle affine les alertes de changements de voies non volontaires, elle reconnaît désormais plus de panneaux et sait indiquer les distances de sécurité en secondes pour plus de précision. Les autres aides sont apportées par le nouveau radar dissimulé dans la calandre. Cette Insignia propose ainsi un régulateur adaptatif, les distances de sécurité jusqu'à 150 mètres contre 120 auparavant ainsi que la détection de risque de collision. L'alerte est donnée par un signal sonore et visuel, et cette Opel est même capable de ralentir automatiquement pour limiter les conséquences d'un impact.
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Opel− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.