Essai Renault Clio RS Gordini
28/08/11 Deux litres atmo, trois mots qui réveillent votre fibre d'amateur de sport auto lorsqu'on évoque la Renault Clio RS. A l'heure où la concurrence réserve ses moteurs 2 litres (ou plus) au segment supérieur, où le downsizing est de mise et où les artifices sont omniprésents pour compenser la baisse de cylindrée, la Clio RS s'accroche encore à son 4 cylindres 2 litres de 200 chevaux atmosphérique. La déclinaison Gordini apporte un style différent à cette production des ateliers Renault Sport, elle ne change en rien les caractéristiques de la motorisation et du châssis de cette petite sportive. Esthétiquement, on ne peut pas dire qu'elle passe inaperçue. Avec ses ailes élargies, sa lame aérodynamique blanche façon F1 à l'avant, son diffuseur noir brillant à l'arrière et surtout son coloris bleu Gordini avec ses deux bandes blanches longitudinales font tourner pas mal de têtes sur son passage. Le regard s'attarde aussi sur les magnifiques jantes de 17 pouces blanches et bleues qui s'accordent parfaitement avec la robe de l'auto. Si vous trouvez que les bandes blanches avec la trame "G" ton sur ton est un peu «
too much», sachez que vous pouvez choisir de vous en passer à la commande. A l'intérieur, on retrouve les volumes d'une Clio standard 3 portes tant pour l'espace aux places à l'arrière, que pour le volume du coffre toujours pratique même si c'est une sportive, que pour l'assise à l'avant qu'on aurait tout de même aimée un peu plus basse ici. Confortable et avec un maintien correct sans être engoncé, on retrouve un cuir matelassé qui rappelle la sellerie d'époque des R8 Gordini. Juste devant la plaque blanche numérotée, le pommeau du levier de vitesses a remplacé le dessin des rapports par le logo. Sur le volant, le point zéro est indiqué par deux bandes blanches sur fond bleu pour rappeler la teinte de la carrosserie. Dommage que certains plastics ne soient pas plus qualitatifs pour s'assortir avec le reste de la finition, à l'image de la surpique blanche plutôt sympa sur la planche de bord.
Sous le capot, on trouve donc le fameux moteur 2 litres essence 16V atmosphérique de 200 chevaux.
Il est associé à une boîte de vitesses au maniement rapide et pas trop ferme pour une sélection nette et précise. Etonnamment, cette motorisation se montre souple sous les 5000tr/min, acceptant facilement de rouler un rapport au-dessus en ville pour consommer moins et réduire le niveau sonore dans l'habitacle. La bombinette se laisse dompter avec aisance même lorsqu'on pousse les rapports, certains trouveront que cela manque de sauvagerie pour une sportive, mais cette facilité est aussi gage d'une motricité maitrisable sans trop d'expérience. Côté chrono, Renault annonce le 0 à 100km/h en 6.9 secondes, un chiffre que vous aurez tout le loisir de tenter d'atteindre avec le RS Monitor, qui comme sur la
Megane RS permet de visualiser tout un tas d'information sur sa conduite (accélération, G longitudinaux et latéraux, puissance utilisée, etc.). Pour rouler vite, il faut garder le régime moteur au-delà des 5000tr/min et donc ne pas hésiter à tomber un voire deux rapports en entrée de virage surtout que la marche entre la 4 et la 3 semble un peu haute dès que le rythme augmente. Pour éviter de surveiller le compte-tours, on se fie à la sonorité du moteur très présente dans l'habitacle et au petit bip dès qu'on atteint les 7500tr/min proches de la zone rouge . Les suspensions fermes mais progressives assurent à la fois un certain confort en ville et une bonne tenue sur des petites routes aux revêtements douteux. Certes, l'arrière bouge un peu sur les freinages puissants en ligne mais c'est facilement compensable. La direction offre un guidage précis que les irrégularités de la route ne semblent pas perturber. On aurait juste aimé pouvoir profiter d'un différentiel à glissement limité comme sur la Megane pour passer un peu plus fort...
Pour l'ergonomie à la conduite, outre l'assise un peu haute pour ce genre de voiture, on regrette juste que la pédale d'accélérateur de ce joli pédalier alu soit si loin et que, par les temps qui courent, la vitesse au tableau de bord ne soit pas plus lisible. En dehors de ceci, pour un usage quotidien, la Clio RS Gordini est une Clio 3 portes comme les autres. On trouve à bord la même habitabilité et les mêmes volumes. Pour le confort, on trouve la climatisation, la navigation et la radio/CD pour un équipement complet. En dehors des moments de sport sur circuit, la Clio Renault Sport est aussi pertinente qu'une autre pour un usage quotidien si on fait abstraction du son du moteur bien présent à bord et d'un coloris bleu/blanc qui interdit toute discrétion dans les rues des grandes agglomérations et sur les grands axes.
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Renault− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.