Essai Renault Twizy 80
04/06/12 Dans la stratégie Renault pour les véhicules électriques, il y a eu la
Fluence ZE passée totalement inaperçue et la
Kangoo ZE qui intéresse quelques professions en attendant la plus réaliste de toutes si on en juge par les quelques spécifications annoncées, la Zoe ZE. Pour l'heure, c'est le Twizy qui occupe le devant de la scène du paysage des autos électriques. Auto n'est pas le mot qui convient parce que du point de vue de la législation, c'est un quadricycle à moteur c'est-à-dire l'équivalent d'un quad avec les limitations que cela entraine comme l'interdiction d'emprunter une autoroute qu'elle soit urbaine ou pas. Deux versions existent, le Twizy 45 (5 ch) limité à 45 km/h comme une voiture sans permis donc utilisable sans permis, et le Twizy que nous essayons limité à 80 km/h (17 ch) pour lequel il faut un permis B. Autant dire que si vous êtes à 20 km en banlieue, il faudra intégralement la traverser ! Pas vraiment pratique. Une chose est certaine, c'est l'étonnant pouvoir communicatif de ce véhicule que tout le mode vient voir et sur lequel tout le monde est curieux ou a quelque chose à dire de généralement positif. De quoi se faire d'un coup des dizaines d'amis en répondant à des centaines de questions... La plus fréquente est sans doute «
à quoi ça sert ? ».
Le Twizy ne ferme pas à clé même avec les portes en élytre en option (590€), ne protège pas complètement des intempéries et pas du tout du froid, ne se gare pas sur les emplacements deux-roues dans les villes, ne se faufile pas dans les embouteillages, expose aux échappements des camions, n'a qu'un petit coffre qui accueille difficilement un sac à main, etc.
mais il permet de stationner gratuitement (dans certaines villes), protège avec des ceintures de sécurité et un airbag pour le conducteur, et possède surtout un formidable pouvoir de sympathie auprès des piétions, des cyclistes et même des automobilistes qui baissent leur vitre pour papoter le temps d'un feu ! Lorsqu'on prend place à bord du Twizy ce qui frappe par rapport à une auto, c'est son côté tout «
plastic » à l'intérieur. Une fois attaché avec les 2 ceintures à l'avant, une 3 points et l'autre sous forme de sangle à droite, on retrouve les commandes d'une voiture automatique avec un volant, deux pédales et des comodos connus avec comme différence la fonction d'alerte sonore pour les piétons. Il n'y a par contre pas de levier de sélection, deux boutons à gauche de la planche de bord permettent de passer en marche arrière, neutre ou marche avant. Étonnamment, la vision n'est pas aussi extraordinaire qu'on pourrait l'imaginer avec un toit qui avance nettement au dessus de la tête et pas de rétroviseur central pour voir ce qu'il se passe derrière.
La conduite du Renault Twizy demande quelques adaptations. Comme tous les véhicules électriques, les démarrages sont silencieux et vifs ce qui fera même dire à un automobiliste au volant d'une puissante berline allemande «
ça pousse ton truc ! » lors d'une petite pause à un feu. Les reprises sont par contre bien moins vives, la faute à la linéarité de la motorisation électrique et le frein moteur sans excès. Enfin, il faut faire attention aux virages attaqués un peu vite sous peine de sous virer franchement, il n'y a ni ESP ni ABS, c'est un quadricycle non pas une voiture ! Une fois le gabarit assimilé, on roule avec le Twizy comme avec n'importe qu'elle autre voiture en suivant le flot du trafic avec un côté décontracté en plus dès qu'il fait beau et un peu chaud. Coincé entre deux camions sous la pluie et dans le froid, la sensation est différente ... Le 100% électrique permet de passer dans les zones piétonnes avec l'approbation des piétons, c'est marrant et pourquoi pas pratique si vous livrez quelque chose. Les manoeuvres pour stationner ne sont par contre pas évidentes du tout pour deux raisons : d'une part le Twizy est bien moins large qu'une auto donc impossible d'avoir ses repères habituels, d'autre part les roues sont à l'extérieur de la carrosserie contrairement à nos autos donc ce n'est pas parce que la carrosserie passe que les roues passent ... Il fut ajouter à ceci la visibilité sur l'arrière totalement inexistante. Un créneau demande quelques répétitions pour y arriver du premier coup en l'absence de radar de recul.
Le confort à bord est correct à l'avant tant que le revêtement est parfait non pas à cause de l'assise mais des suspensions très raides qui remontent toutes les imperfections de la route, et tant qu'il ne pleut pas même avec les demi-portes qui ne protègent ni les avant-bras ni les cuisses des projections ! Idem pour le passager qui profite de tous les remous d'air dès que l'allure est un peu rapide ainsi que des projections les jours de pluie. Côté pratique, vu que le Twizy ne ferme pas et que le coffre à clé est rikiki, impossible de laisser quoi que ce soit à l'intérieur. Si vous aimez écouter la musique en roulant, ce n'est pas parce que David Guetta est l'ambassadeur de ce produit que l'autoradio fait partie de sa dotation, le Twizy peut juste être pré-équipé pour la radio. Enfin, deux petits vide-poches sont présents sur la planche de bord dont un qui comprend une prise 12V et se verrouille à clé. Il permet de recharger son téléphone mobile ou d'alimenter un GPS puisque ce véhicule urbain en est dépourvu même en option.
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Renault− Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.