Essai Vespa PX 125
10/07/11 Arrêté en 2007 après 30 ans de production, le Vespa PX 125 restait dans les mémoires comme un emblème des seventies, de la Dolce Vita et plus simplement une partie du patrimoine industriel de l'Italie au même titre que la
Fiat 500. Toujours vivant dans le coeur des innombrables fans, on trouvait même de nombreuses copies neuves à la vente sous d'autres marques. Piaggio a donc décidé de lui faire passer les normes Euro3 et de remettre en vente l'original en cette année 2011. Que les puristes se rassurent, en dehors de quelques broutilles esthétiques, d'une nouvelle selle, d'un catalyseur et d'un échappement plus propre, rien ne change pour ce scooter en tôle incomparable avec son moteur 2 temps et sa boîte de vitesses à 4 rapports qu'on sélectionne de la main gauche : ça fume, ça fait «
peûte peûte», ça tient approximativement la route et ça fait voyager dans le temps au coeur d'une ville qu'on ne voit plus comme avant sans oublier l'incroyable affection qu'il suscite malgré sa liste de défauts longue comme le bras !
Confort
La nouvelle selle se veut plus confortable, elle a la lourde tâche de compenser l'amortissement sec et le petit diamètre des roues qu'on maudit au moindre nid de poule, raccords de goudron et autres pavés biscornus. Le large tablier protège correctement les jambes et les pieds posés sur de petites bandes de caoutchouc antidérapant. Pour les cuisses, le buste et la tête rien ne les protège de la pluie : on prend l'air en grand !
Pratique
Un petit accroche-sac sous le devant de la selle, un large vide poche qui ferme à clé mais qu'on peut ouvrir sans elle, c'est tout ce que propose ce PX 125. S'il est assez grand pour y glisser quelques affaires et pourquoi pas un petit sac-à-main qui sera au sec, c'est tout ce qu'on y range. Alors si l'accroche sac ne suffit pas, Piaggio propose des porte-paquets dans le style Vintage parfaitement assortis au Vespa. Pour rassurer ceux que le deux-temps effraie avec le mélange huile/essence, on trouve deux bouchons sous la selle, un pour le réservoir d'essence, l'autre pour le réservoir d'huile. Le mélange se fait automatiquement, vous n'avez pas à vous en soucier.
Equipement
L'équipement est rudimentaire mais il ne date pas d'il y a 30 ans quand même puisqu'on trouve une jauge sur le petit tableau de bord. Une petite montre aurait été top, mais bon, seules les aiguilles sont admises sur l'autel de la nostalgie. L'unique béquille centrale évite au scooter de bouger à l'arrêt ou de risquer de basculer, elle s'utilise simplement. En revanche, il emmène ce qu'aucun autre scooter n'emmène : une roue de secours sous son aile gauche !
Performance
Si vous ne connaissez que les scooters GT modernes, apprêtez vous à changer de siècle... Tout d'abord il faudra passer les vitesses avec une sélection imprécise qui se fait par câbles comme sur un vélo mais avec une mécanique bien plus dure. Prendre le coup pour monter et descendre tous les rapports sans anicroche demande de bien décomposer le mouvement sans précipitation : on coupe les gaz, on débraye avec le levier gauche, on tourne la poignée gauche vers la vitesse souhaitée et on embraye en accélérant seulement maintenant. Le seul avantage de cette boîte est qu'un démarrage en côte en plein Montmartre ne pose aucun souci alors que certains scooters modernes peuvent tout simplement ne pas y arriver. Inversement, on peut descendre avec du frein moteur, c'est agréable. Il est toutefois réservé à un usage urbain en atteignant difficilement 80km/h. Evitez donc les autoroutes urbaines pour votre sécurité et contentez vous du centre ville... ou des petites routes de campagne bucoliques.
Sécurité
La sécurité est incontestablement le gros point faible du Vespa PX 125. Droit, il penche très fortement à droite par le poids du moteur que ne compense à gauche pas celui de la batterie et de la roue de secours, et le frein avant est mou alors que l'arrière à tambour est difficile à doser avec la pédale. Si on ajoute à tout ceci un rayon de braquage incroyable pour slalomer, un guidon qui semble totalement libre, un empattement rikiki et le fait qu'il faille jouer des deux mains pour accélérer, freiner et passer les rapports, il ne faut pas espérer rouler droit facilement. Une fois assimilé, on ne s'en soucie plus mais il conviendra de toujours prendre beaucoup de marge pour espérer faire face à une situation d'urgence.
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Les essais scooter Vespa
Essai réalisé par Jean-Michel Lainé.